Phnom Penh : plongée dans le passé Khmer rouge

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Phnom Penh, capitale mais aussi mémorial du Cambodge, est une ville extrêmement contrastée. D’un côté en pleine expansion, -en chemin express vers la modernité  même- et de l’autre marquée par la sombre période des Khmers rouges. De 1975 à 1979 le Cambodge se trouve face à l’idéologie traditionaliste et destructrice des Khmers rouges, le but: se débarasser de toutes les valeurs occidentales qui ont « empoisonné » le pays et revenir aux vraies valeurs: la terre, les paysans, la tradition Khmère. L’extermination est massive: 2 millions de personnes en 4 ans, soit le quart de la population.

Arrivée dans ce pays, J’ai donc eu l’envie et le besoin de comprendre, à grand renforts de livres, de films et de visites cette histoire mal connue. Parmi les plus intéressants: La déchirure , réalisé en 1984, D’abord ils ont tué mon père de Ung Loung ou encore l’excellent documentaire S21, la machine de mort Khmere rouge, réalisé en 2002. Le livre de Loung Ung bien qu’écrit de manière très simple, avec des mots d’enfants (elle avait 5 ans en 1975) est d’une très grande force et apporte autant sur le fond politique des années que sur le vécu de tous ces gens qui ont dû se cacher pour survivre et qui ont vu leur famille se faire exterminer.

Deux visites pour moi à Phnom Penh: Tout d’abord la prison de Tuol Sleng, plus connue sous le nom de Camp S21 tenue par le tristement célèbre Douch, puis les Killing Fields (Choeung Ek) , qui sont à quelques killomètres à l’extérieur de la capitale. C’était le principal lieu d’exécution des prisonniers du Kampuchéa de l’époque.En voilà quelques photos.

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Les peintures exposées dans l’ancienne prison de Tuol Seng sont les seuls témoignages visuels de l’époque. Elles ont été réalisées par le peintre Vann Nath, détenu du camp S21  et à qui son métier a sauvé la vie. Il était en effet employé à réaliser des portraits de Pol Pot et des autres dirigeants du régime. En échange de cela il pouvait recevoir des portions de nourritures suffisantes et n’a pas été torturé. Ce qui donne de la force à son témoignage ici c’est que les tableaux sont exposés à côté des outils de torture ou encore dans les salles même de la scène peinte.

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La photo ci-dessous représente un des aspects les plus terribles du régime en ce qu’il avait de barbare. « L’arbre aux enfants » est un arbre contre lequel les enfants étaient jettés pour être tués. Economie de moyen oblige, les exécutions étaient faites avec des moyens sommaires. L’histoire du régime de Pol Pot, mérite un vrai détour afin de mieux comprendre un pays où tous les intellectuels ont été tués et qui repart donc de loin dans sa course à la modernité. Année 1975, année zéro.

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Cambodge: Premiers pas à Angkor Wat

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Angkor Wat

Premier pas aux Cambodge, la visite des fabuleux temples d’Angkor s’impose pour débuter ! Entre pluie et soleil, (mousson oblige) voilà quelques clichés de ce lieu mythique ! Qu’on soit bien d’accord Le temple Angkor Wat est le plus grand et le mieux conservé (300 000 ouvriers et 6000 éléphants pour le mettre sur pied !) d’une multitude de temples construits sur un rayon de plus de 200km  autour d’Angkor. Cette ancienne cité Khmer a vécu 500 ans entre le 9ème siècle et le 14ème où elle a décliné à cause d’une combinaisons de désastres environnementaux, le problème n°1 étant celui de l’eau ! C’était donc la plus grande ville de l’ère préindustrielle au Cambodge et surtout la glorieuse capitale de l’empire Khmer…

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C’est surtout un lieu inspirant et empli d’une force incroyable pour les touristes que nous sommes . Elie Faure (historien de son état) décrivit  « cette musique scluptée qui nous révèle après dix siècles, le rythme lont et ondoyant de la danse des apsaras » et oui les danseuses sont partout dans ces temples. Incrustées dans tous les murs dans des mouvements gracieux et alambiqués à la fois. Se dire et réaliser que tout ça avait été enfouilli, enseveli par la jungle et finalement retrouvé, restauré par des amoureux de l’art Khmer pilleurs et envieurs comme Malraux donne un petit goût d’originalité à l’histoire de la cité. Le temple Bayon avec sa multitude de visages érigés dans la pierre, dégage une ambiance très particulière de puissance et de magie. Un seul temple a été laissé dans la jungle, avec un minimum de rénovation. Racines incrustées dans pierre, lianes et mousses coiffant les vestiges, l’art Khmer vous touche avec force !

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Et pour finir la vue d’un coucher de soleil en haut d’un des nombreux temples du site d’Angkor

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The We and the I : la puissance de Gondry

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Bon… Le film est sorti il y a plus d’un mois certes je  suis à la ramasse mais ça méritait que j’en parle.

Qu’on se le dise :c’est une pépite.

En tant que supportrice, admiratrice, et tout le tintouin de Mr Gondry (Michel de son prénom) je suis forcément partie avec un apriori positif sur le sujet malgré quelques craintes d’un délire trop poussé du réalisateur, qu’on sait « original ».

C’est vrai qu’un film qui se passe à huit clos dans un bus ça peut en rebuter quelques uns, le sujet des jeunes du Bronx -toujours-dans le bus ne parait pas folichon non plus. On est dans le flou. Mais justement c’est là qu’intervient le maître:

Tout est construit minutieusement et subtilement pour cadrer et approfondir un sujet d’apparence brouillonne.

Le bus est la scène, le théâtre des jeunes, le temps est le dénominateur, le cadre qui permet de découper en 3 parties le scénario (The bullies, The We, The I) . Le jeunes dans le bus, le jeune dans sa bande, et le jeune seul, en tant qu’individu. Doucement on s’approche des personnages et des histoires personnelles de chacun.  C’est presque un film sociologique. Il creuse Gondry, plus qu’il ne veut bien le laisser paraitre. L’ado devient mature au fil du trajet, pris sous un angle brut et touchant à la fois.

C’est un film léger et dur  mais aussi profondément drôle même si on tend sérieusement vers de la cruauté. C’est le chaos, un tourbillon d’interactions, d’histoires mêlées, de la joute verbale aux allures modernes.

La fraicheur des acteurs fait plaisir , leur naturel aussi. On s’en prend plein les oreilles et que du  BON   !!!

(Sisi écoutez !)

Et c’est surtout filmé magistralement, il y a un vrai style, une maitrise hallucinante de toutes les techniques inimaginable, du toupet, des risques et ça passe à chaque fois.Appréciable aussi:  on nous montre un New York dégueulasse, pas attrayant pour deux sous, et ça ne fait pas de mal de se rappeler que NYC n’est pas seulement Manhattan et Central Park mais aussi tous ces endroits pourris et ces gens qui galèrent.Un rafraichissement de mémoire utile  pour les petits français rêveurs que nous sommes !

Il y a du génie dans ce film, un peu de magie dans la réalité dure qu’on nous envoie, du rire et pas mal de fantaisie

Le grand monsieur qui nous a concocté ça rappelle ici son côté « street », la production du clip d’IAM (Je danse le mia) n’est pas si loin, et le! talent est toujours là !

MES RESPECTS

P.S: Pour les plus grands ( et riches)  fans vous pouvez maintenant faire l’acquisition des »Michel’s Notes from the Throne », pour la modique somme de 13.95$. Atypique et très utile.  C’est ICI !

Bonne soirée

Jaipur, Rajasthan: l’Inde dévoilée sous un jour meilleur !

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Le Rajasthan ça fait rêver, qu’on ait été bercés par les comptes des milles et une nuits gamins, ou qu’on ai vu quelques images, l’esprit se laisse aller à rêver à la sonorité du mot.

ça y est j’y suis et réellement je ne suis pas déçue. Enfin :c’est les vacances et comme vous l’avez sûrement compris les semaines dernières n’ont pas été de tout repos !

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Ici l’Inde semble s’apaiser, prendre un rythme moins fou, moins étourdissant et s’épanouir.


Alors bien sûr Jaipur, en tant que capitale du Rajasthan est une ville énorme mais on constate quand même moins de saleté, moins de pauvreté (peut être parce qu’elle est mieux cachée ? ) et des gens plus souriants, ce qui n’est pas déplaisant après les temps hostiles qu’on a traversés ^^

Jaipur aussi est connu pour ses qualités dans l’artisanat, textile, bijoux surtout et autres petites merveilles du pays. Les shops, les rabatteurs sont partout et il faut faire attention à ne pas se laisser avoir par leur grand sport national: l‘entubage de touristes (français surtout faut croire qu’on est des cibles faciles !)

Malgré ça la magie commence ici, parce qu’il faut le dire jusqu’ici l’Inde m’a plus ébranlé, violenté, interrogé, qu’émerveillée. Alors là je savoure, la finesse d’anciens palaces finement ouvragés d’autres richement décorés, il y a de la diversité !

Donc pas d’éléments spécifiques à la ville exceptés quelques beaux monuments mais plus des ambiances, des couleurs que je vous laisse découvrir ici, c’est plus pour le plaisir des yeux !

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

                                                                                                                                                                Et puis bon j’avoue, c’est pas désagréable de pouvoir se la couler douce sur des jolies terrasses !

A bientôt

L’Inde sur grand écran

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Aller au cinéma au pays de Bollywood c’est quand même un truc à ne pas louper (même si c’est en Hindi ou en Ourdou et qu’au fond on pige pas grand chose)
On s’est donc rendu au célèbre Raj Mandir, le plus beau cinéma de l’Inde selon notre fidèle « Routard ».


Effectivement c’est dans le genre mille et une nuits et ça en jette quand on débarque dans le hall principal. Déjà qu’on est au Rajasthan connu pour son esprit millénaire du merveilleux, mais là ils ont mis le paquet !


Pour le décors donc on est servis, mais aller au cinéma en Inde c’est aussi une expérience conviviale. Qu’on se le dise la première attente des Indiens quand ils s’y rendent c’est de se divertir et en effets ils s’amusent bien. ça siffle, crie, rigole, commente à tout bout de champ. Ils sont a fond et nous on se marre bien aussi !

Niveau business ça marche aussi puisque »Bollywood » dépasse Hollywood au niveau de la production !


Après pour ce qui est du film vous êtes sûrement au courant que les scénarios sont pas poussés poussés. En résumé j’ai compris qu’il y a un héros super fort, qui tombe amoureux d’une fille super belle, et qui même si il est violent, a quand même un grand cœur et rétablit la justice partout où il passe (WAHOU !) tout ça avec des pauses musicales et dansées, ça c’est un vrai régal de couleur et d’ambiance: le cinéma là bas c’est avec le sourire !

Découverte de première importance à signaler aussi: THE point érotique de la femme dans la culture indienne c’est… les Hanches !!!
C’est rigolo de les voir tous devenir fou dès qu’une hanche apparait à l’écran et de se dire que même là dessus nos cultures sont vraiment aux antipodes !!!


Voilà les amis, je reviens demain avec un billet sur Jaipur, une des plus belles cité du Rajasthan !!

Bonne soirée

Varanasi, la ville où il fait bon mourir !

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Les amis je ne vais pas vous faire rêver ici, bien moins idyllique que le Taj Mahal, Ici, c’est un choc pour les petits occidentaux aseptisés que nous sommes. Mais c’est aussi le cœur spirituel de l’Inde, alors on y jette un coup d’œil !

Varanasi (ou Bénarès ) c’est LA ville sainte de l’Hindouisme où passe le fameux Gange qui purifie les adeptes.


Purifié ? Blaguuue (pardon de casser le côté spirituel mais là je me dois d’intervenir). Comme l’a dit ce grand monsieur qu’est Marc Twain « Aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille« , je vous la fait rapide, c’est DÉGUEULASSE. Mais à un point qui dépasse l’entendement.

Premièrement je remercie Dieu, Shiva ou qui veut de m’avoir fait arriver dans cette ville avec un bon gros rhume qui me dispense sentir les odeurs immondes qui émanent du fleuve. En revanche rien n’a échappé à mes yeux.

(MAMAMIA)

Se retrouvent dans le Gange sous une chaleur qui taquine les 50°: dépouilles animales et restes humains, mêlés aux égouts des 2 millions d’habitants.

Maintenant vous saisissez sûrement qu’ici plus que nulle part ailleurs  la religion en impose !

(faut y croire quand même pour aller se purifier là dedans)

Ah oui aussi : J’ai eu l’occasion d’assister au brossage de dent d’un monsieur qui se trouvait à côté d’un cadavre de chèvre flottant, ils n’ont peur de rien ces gens là !

Mais Varanasi c’est surtout une ambiance dont il faut se laisser imprégner une fois le choc passé (même si je doute qu’il ne passe vraiment !)

Donc, depuis le début vous vous demandez sûrement  pourquoi il fait bon mourir ici ?

Je vous explique.  Rendre son dernier souffle à Varanasi c’est mettre fin au cycle infernal des réincarnations et pouvoir atteindre ENFIN  la Moksha l’équivalent Hindou du Nirvana ( le pied quoi !)

Venir dans cette ville c’est donc côtoyer la mort au au quotidien, la voir de près et la sentir. (pas le pied !)

Les crémations ont lieu sur les rives, où des dizaines de bûchés sont dressés. Le corps du défunt est plongé dans le Gange pour être purifié une dernière fois. La famille pose ensuite le corps sur le bûcher, le recouvre de bois et l’allume.

Une fois la crémation commencée, le fils ainé fend le crâne de son parent pour laisser l’esprit s’évader de son corps.

Étonnamment, l’ambiance n’est pas triste ni pesante car c’est bien à une libération qu’on assiste !

La scène,  les bâtiments, l’ambiance ont un air d’apocalypse, ça prend à la gorge de se retrouver au milieu de tout ça.

Sur ces mêmes rives tous les soirs, se réunissent des milliers de pèlerins pour assister à la cérémonie du feu.

 Vu d’une barque, l’ambiance est indescriptible !

Même si les souvenirs n’y sont pas des plus agréables, c’est une étape incontournable pour comprendre l’hindouisme et aussi l’être humain

A bientôt !

Le Taj Mahal c’est pas mal !

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Bon soyons clairs le levé à 5h du mat’ fût un gros FAIL (bah oui c’est les vacances quand même) donc comme vous pouvez le voir y’avait du monde mais c’est pas si gênant (peut être moins magique me diront certains ? )


Sûrement, enfin ça vous laisse quand même bouche bée quelle que soit l’heure. Le bâtiment est somptueux et les architectes ont sû le mettre en scène avec une habilité époustouflante. impossible de l’apercevoir avant d’avoir passé la grosse porte de grès rouge et là il apparait Majestueux.


Pour un petit rappel rapido, le Taj Mahal a été construit en 1631 par l’empereur Moghol Shâh Jahân (+ 1point pour celui qui s’en souviendra) en hommage à sa femme adorée Arjumand Bânu Begam (+ 2 points pour celui qui prononce correctement le nom). Sinon pour les nuls vous pouvez aussi l’appeler Mumtaz Mahal (= lumière du palais). Elle est morte en accouchant de leur 14ème enfants (ils chôment pas hein !) et il a voulu dresser un monument à la hauteur de son amour pour elle.

Ça c’est la théorie romantique mais bon d’autres théories beaucoup moins mignonnes sont à étudier et beaucoup plus probables aussi. Pour ma part je m’en tiendrais là parce que tout le monde préfère les jolies histoires non ? (moi compris)


Il y a donc ce magnifique palais qui renferme son tombeau, construit de manière parfaitement symétrique avec sur les côtés une mosquée et en face une fausse mosquée qui ne pouvait pas l’être parce qu’elle n’est pas dirigée vers La Mecque. Mais il fallait garder l’aspect symétrique quand même pour la beauté des yeux !

Sinon ce qui est drôle là bas c’est que tout les Indiens veulent se prendre en photo avec vous devant le monument (va savoir pourquoi…) et aussi avoir des photos de vous avec leurs enfants, vous voyez pas comme il a l’air heureux le petit dans mes bras ???


Ça frôle le harcèlement cette histoire, mais bon ils vous demandent ça avec un tellement beau sourire et ils sont tellement sympas qu’on leur refuse pas !

Prochain billet sur Varanasi, le lieu sacré de l’hindouisme (attendez vous à être plus que surpris, moi je suis encore sous le choc…)

Bonne soirée les amis !